CSAC: Mort programmée pour la"Ham bis"

Ajouté le 8/6/2011

Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication

CSAC : MORT PROGRAMME POUR  LA « HAM bis »

 

Cinq mois après la promulgation par le Président de la république, le 10 janvier 2011, de la Loi portant composition, attribution et fonctionnement du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC), un flou épais continuait à entourer la mise en place des membres de cet organe de régulation des médias. Il n’en fallait pas plus pour que le Président de la Haute Autorité des Médias (HAM), Primo Mukambilwa, pour ne pas le citer, s’engouffre dans la brèche  en s’autoproclamant « Président faisant fonction du CSAC », au vu et sous la barbe de tout le monde , après avoir fabriqué un logo et un papier entête à ses goûts et couleurs.

 Face à ce qui apparaissait clairement désormais comme une tentative manifeste de transformation automatique de la HAM en CSAC, pour mieux torpiller la Constitution,  JED avait décidé de rompre le silence en criant à l’arnaque et à l’usurpation. Mais au finish, tout le monde a fini par se rendre à l’évidence que, au mieux, le CSAC était condamné à ressembler à une « Ham bis », et qu’au pire, personne n’avait intérêt à voir un CSAC réellement neutre et indépendant, dirigé par des personnes crédibles et compétentes, au moment où la bataille pour la conquête ou la conservation du pouvoir nous promets des morts et des blessés.

 Faut-il rappeler, pour le comprendre, le rôle que le Conseil Supérieur de l’audiovisuel et de la Communication est appelé à jouer dans la régulation des médias et comme institution citoyenne d’appui à la démocratie particulièrement dans la perspective des élections si proches ? Théoriquement le texte de loi adopté par le parlement et  promulgué par le Chef de l’Etat confère au CSAC la neutralité, l’impartialité ainsi que l’autorité nécessaire dont il aura besoin pour assurer un accès équitable de tous aux médias publics et privés, promouvoir le professionnalisme des médias, et un usage responsable des médias par les opérateurs politiques. Reste deux hypothèques majeures en forme de défis pour que la volonté du législateur ne demeure un vœu pieux, et que les attentes du plus grand nombre ne soient qu’un rêve lointain.  La première concerne la désignation des membres du Conseil ; et la deuxième, les moyens de fonctionnement du CSAC.

 Pour la première, rien n’indique que les 15 membres du Conseil ont été désignés dans la transparence, et loin des petits calculs de positionnement des individus, en ayant à l’esprit  que l’efficacité et la réussite des missions conférées à cette importante institution dépendront en grande partie des hommes et des femmes appelés à l’animer. Déjà, on parle des manœuvres visant à imposer à la tête du Conseil un homme qui aurait les faveurs de la « Présidence »  pour s’assurer que le CSAC n’échappe au contrôle… La même chronique rapporte également que le retard dans la publication des noms des membres désignés par leurs composantes était mis à profit pour jauger l’appartenance et les opinions politiques de chaque candidat et ainsi s’assurer d’une majorité numérique au moment de l’élection, notamment du Président du Conseil. Dès lors personne ne devrait s’étonner, à la proclamation des heureux élus, de constater que tous ou presque appartiennent à la même mouvance politique facile à imaginer pour que vive la « Ham bis ».

 Mais ce n’est pas tout pour conforter la thèse de la mort programmée d’une instance de régulation vidée de toute sa consistance pour mieux la tourner en bourrique. Il y a  aussi et surtout la question des moyens matériels et financiers pour faire fonctionner une institution publique qui a vocation de jouir de son autonomie financière. Question : d’où viendra l’argent pour faire fonctionner la machine CSAC, à Kinshasa et en provinces au moment où la CENI (Commission électorale indépendante), objet de toutes les attentions, et de loin la plus prioritaire dans la chaîne des dépenses,  peine à trouver des moyens suffisants pour des opérations électorales d’urgence ? Tout le monde sait également que rien absolument n’a été prévu pour le CSAC au budget 2011 voté par le Parlement « in illo tempore non suspecto ».  Sans doute par omission,  mais sans nul doute aussi parce que la République a bien d’autres chats à fouetter.

 Restera pour le CSAC, ou ce qui y ressemblera, à se tourner vers la générosité des partenaires donateurs étrangers dans un contexte où la Communauté internationale, la même d’où proviennent ces partenaires donateurs, a décidé de « ne pas piloter le processus électorale comme en 2006 » après avoir réduit sensiblement sa participations au frais….

 Certes que dans l’intervalle, un projet ambitieux de développement du secteur des médias de la RDC,  financé par les fonds  américains, s’est installé  dans la durée à Kinshasa  avec une enveloppe de 15 millions de dollars américains et se propose d’appuyer la régulation des médias au Congo. La question reste de savoir si le consortium américain qui pilote ce projet sera prêt à appuyer un CSAC qui ne serait ni indépendant, ni crédible, et donc peu efficace à la tâche. Qu’on s’en félicite ou qu’on le déplore, la balle restera invariablement dans le camp de ceux qui ont pris le pari risqué de conduire ce pays à reculons vers la démocratie.

 

Tshivis T.

 

 

 

Tags : liberte de la presse

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RD Congo: Les oripeaux de la démocratie

Ajouté le 8/6/2011


RD Congo:  Les oripeaux de la démocratie

C’est une pluie des rapports sulfureux qui s’abattent à nouveau sur la RD Congo. Coup sur coup,  International Crisis Group (ICG) est revenu sur l’enlisement démocratique au Congo démocratique en parlant d’un pays qui prépare les élections dans l’urgence, après quatre ans d’inertie électorale. Vient ensuite une étude américaine publiée dans le « Daily Beast » qui parle d’une pandémie de violence sexuelle en RD Congo où au moins quatre femmes sont violées toutes les cinq minutes. Enfin, et pas de moindre, Amnesty International vient de publier son rapport annuel sur les droits de l’homme dans le monde, et où la RDC est présentée comme un pays où on ne respecte pas la liberté d’expression et d’association.

Et comme il fallait s’y attendre sans doute, le porte parole du gouvernement n’a pas mis longtemps pour dénoncer « les oiseaux de mauvais augure », les mauvaises langues et les prophètes de malheur face à un pays qui se porte sans doute « mieux qu’il y a vingt ans ; beaucoup mieux qu’il y en a cinq, et dont la santé s’améliore chaque jour d’avantage ». Dixit…

Sauf mauvaise foi, comment ne pas reconnaître des avancées mais aussi constater avec le Président de la République dans son discours à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance, « des regrettables ratés » particulièrement « en matière de développement, de progrès social et des droits humains ». Ensuite, et en dépit du mot d’ordre de « tolérance zéro », le Président a pris des engagements dont on peine à voir les résultats, disant : « Nous devons bannir et punir sans complaisance l’atteinte à la vie et à la dignité humaine, le viol, le tribalisme, l’irresponsabilité, le vol, la corruption, le détournement des deniers publics, l’enrichissement sans cause ainsi que toute autre formes d’antivaleurs »

 A quelques mois maintenant de la fin d’un mandat qui était placé sous le signe de la trilogie : Démocratie-Bonne Gouvernance-Droits de l’homme, la RDC donne toujours l’image d’un pays qui porte comme par ironie son nom de “République démocratique. Et où la démocratie s’enlise; où la justice est rongée par la corruption; où les droits de l’homme  sont impunémént bafoués; où l’industrie du crime  prospère….

 Dans un rapport publié une année auparavant, alors que le pays célébrait ses cinquantes ans d’indépendance, International Crisis Group (ICG), la même dont on apprécie la pertinence de ses analyses, déclarait  que « La consolidation de la démocratie en République démocratique du Congo (RDC) est entravée dans presque toutes ses dimensions et le régime congolais reste fragile (…). Aujourd’hui, l’équilibre des pouvoirs est quasiment inexistant. Le cabinet présidentiel a pris l’ascendant sur le gouvernement, le parlement et le pouvoir judiciaire. Les libertés fondamentales sont fréquemment menacées et des réformes institutionnelles essentielles – la décentralisation et la réforme du secteur de la sécurité – n’ont pas significativement progressé. A moins que les autorités politiques congolaises ne redonnent en 2010 un nouvel élan à la transformation démocratique et au renforcement des institutions, les avancées obtenues durant la période de transition et l’effort international consenti pour stabiliser ce géant régional sont compromis », concluait l’Ong. On peut ou ne pas aimer cette analyse, elle semble pourtant bien épouser  l ‘air du temps, au risqué de conforter une sorte d’illusion démocratique ambiante

A titre illustrative: dimanche 24 avril 2011 était jour de Pâques en RD Congo et partout au monde. Mais à Kinshasa, cette journée a pris une tournure particulière. Depuis l’annonce faite, trois mois auparavant, par le leader de l’Udps d’un grand meeting de son parti au stade Tata Raphael pour commémorer cette date qui marquait, il ya 21ans, le début de la démocratisation dont il réclame la paternité, ce fut le branle bas de combat dans le microcosme politique congolais. Du coup aussi, des partis membres de la majorité présidentielle sont aussi sortis du bois annonçant, à la même date et parfois dans le même périmètre, des meetings parallèles, non pas tant dans l’intention de célébrer une date historique, mais beaucoup plus pour toiser celmui qui se fait passer pour « le père de la démocratisation » en lui reniant le monopole de la victoire de la démocratie sur la dictature mobutienne.

Pendant plusieurs semaines le pays entier a retenu son souffle, craignant des débordements violents résultant de la provocation des uns et de la réaction des autres. Mais au finish, et après une journée qui aura été chaude en suspens, tout le monde a crié victoire : l’opposition, pour avoir fait la démonstration qu’elle était toujours une force redoutable capable de renverser les vapeurs ; la majorité pour avoir laissé faire l’opposition dans une sorte de démocratie octroyée.

On pourrait rire ou pleurer de ces petits jeux de cache-cache qui cache mal la mauvaise foi et la peur des lendemains, s’ils n’étaient pas révélateurs d’un certain état d’esprit qui vise à  plomber la démocratie et à bloquer toute possibilité d’alternance sous les oripeaux de la démocratie.

 

Tshivis T.

 

  

Tags : liberte d expression

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Poussée de fièvre au Congo-Kinshasa: le Président de la République rattrapé par le "scandale de la St Sylvestre"

Ajouté le 17/2/2010

Avis de tempête ou de « Tsunami » au Palais de la Nation, le Palais présidentiel. Difficile de masquer  le glas qui sonne et les bruits des clans qui s’affrontent. On savait depuis longtemps que ces entourages visibles et invisibles étaient à la base des graves dysfonctionnements observés au plus au sommet de l’Etat. On sait aujourd’hui que le Président de la République  est un Homme seul. Jamais Joseph Kabila n’avait été aussi sincère  avec lui-même et avec le monde entier que le jour où il avoua  « urbi et orbi » qu’il lui manquait cruellement 15 personnes pour l’aider à conduire ce pays. Traduction en français facile : tous ceux que l’on voit, c’est rien que des  faux, des courtisans, des jouisseurs et des incompétents… C’est pourtant ce que dit aussi textuellement l’ancien ministre belge des affaires étrangères, l’inusable Karel De Gutch quant il critique l’absence d’interlocuteurs fiables dans l’ex-colonie belge, et que ses déclarations lui attire le courroux à Kinshasa.

De ce qui précède découle une question : Pourquoi, alors que le bateau-congo coule visiblement, et nous avec, le Commandant tarde-t-il à donner le coup de barre qui va redresser le navire et sauver des vies ? Alors que se creuse le vide autour de lui, de qui le Président est-il l’otage ? Pourquoi le remaniement du gouvernement tant claironné ne vient toujours pas alors que tous les ministres  placés sur le départ n’ont plus le cœur à l’ouvrage ? Pourquoi, et de manière quasi systématique, tous les actes du président sont entachés de vices  soit de forme, soit de fond et se prêtent  presque toujours à des contestations unanimes ?

 Le dernier acte en date, et qui promet bien de vagues lors de la prochaine rentrée parlementaire, est ce qu’il convient bien de qualifier de « Scandale de la St Sylvestre ». Il s’agit de la promulgation par ordonnance présidentielle,  le 31 décembre 2009, de la Loi organique sur le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication après son adoption par les deux chambres du Parlement. Le texte de cette Loi a été rendu publique le 2 janvier 2010 dans la soirée sur la plateau de la télévision nationale par un conseiller du Président de la République qui l’a lu article par article.

 Mais dès le lendemain de cette publication, cette Loi a été  furtivement retirée de la circulation et plus d’un mois après, aucune trace du texte n’était visible ni au Cabinet du chef de l’Etat, ni au siège du Journal Officiel. Un véritable mystère qui a perduré jusqu’au  jour où, le vendredi 12 février, le Président de l’Assemblée Nationale annonce, en pleine séance plénière, que la Loi promulguée par le Chef de l’Etat  a été renvoyée ce jour au parlement par la Cour Suprême de Justice pour inconstitutionnalité de son article 55 qui accorde quelques « immunités » aux membres de cet organe de régulation des médias, par rapport à l’article 12 de la Constitution qui réaffirme l’égalité et un égal traitement de tous les congolais devant la loi.

En annonçant bien malgré lui cette mauvaise nouvelle aux conséquences désastreuses pour le pouvoir auquel il appartient, le Président de l’Assemblée nationale a fait une fuite en avant et voulu couper l’herbe sous les pieds de quelques députés de l’opposition qui avaient déjà dégainé des motions sur la « disparition » de cette loi pourtant promulguée par le Chef de l’Etat. Du coup, les langues ont commencé à se délier  et le scandale a éclaté au grand jour. Ce scandale, c’est la promulgation par le Président de la République d’une loi organique avant l’avis conforme obligatoire de la Cour suprême de justice, tel qu l’impose l’article 124 de la Constitution qui stipule que : « Les lois organiques ne peuvent être promulguées qu’après déclaration par la Cour constitutionnelle obligatoirement saisie par le Président de la république, de leur conformité à la Constitution dans un délai de 15 jours ».

Nul doute qu’en agissant en dehors de cette disposition, consciemment ou par ignorance, le Président a marché sur la Constitution et passé à côté de son serment devant la nation, en prenant le risque d’être rattrapé par la plus haute instance judiciaire du pays. Restera à tirer les conséquences et à établir les responsabilités de cette énième faute qui est loin d’être un simple accident de parcours, en pleine campagne de tolérance zéro.

 

Tshivis T.

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Notre génération face au jugement de l’histoire

Ajouté le 7/12/2009

Éditorial

L’appel climatique de 56 journaux du monde entier.

Aujourd’hui, 56 journaux dans 44 pays font un geste sans précédent : parler d’une seule voix par le biais d’un éditorial commun. Nous le faisons parce que l’humanité se trouve confrontée à une situation d’extrême urgence.

A moins d’unir nos efforts pour prendre des mesures décisives, le changement climatique va ravager notre planète et, ce faisant, perturber fortement notre prospérité et notre sécurité. Les dangers sont devenus tangibles en une génération. Maintenant, les faits commencent à parler : sur les quatorze dernières années, onze ont été les plus chaudes jamais enregistrées, la calotte glaciaire de l’Arctique est en train de fondre et, l’an dernier, la flambée des prix du pétrole et des produits alimentaires a donné un avant-goût des terribles bouleversements à venir. Dans les revues scientifiques, la question n’est plus de savoir si l’homme en est le grand responsable, mais combien de temps il lui reste pour limiter les dégâts. Cependant, à ce jour, le monde a réagi avec mollesse et sans enthousiasme.

Le changement climatique résulte d’une action sur plusieurs siècles, il aura des conséquences qui dureront pour toujours, et nos chances de le maîtriser vont être déterminées dans les quatorze jours qui viennent. Nous demandons aux représentants des 192 pays réunis à Copenhague de ne pas hésiter, de ne pas se lancer dans des discussions, de ne pas se faire de reproches mutuels, mais de saisir la chance d’échapper au plus grand échec politique de l’époque moderne. Cela ne devrait pas être une lutte entre le monde riche et le monde pauvre, ou entre l’Est et l’Ouest. Le changement climatique nous concerne tous et doit être résolu par tous.

La science est complexe, mais les faits sont clairs. Le monde a besoin de prendre des décisions pour limiter les hausses de température à 2 °C, un objectif qui exigera que les émissions de la planète culminent et commencent à diminuer dans les cinq à dix prochaines années. Une hausse plus importante de 3 à 4 °C - la progression la plus faible que nous puissions espérer en cas d’inaction - dessécherait des continents, transformant la terre cultivable en désert. La moitié de toutes les espèces serait vouée à l’extinction, des millions et des millions de personnes seraient déplacées et des peuples entiers seraient submergés par la mer.

Date butoir. Peu de gens croient que Copenhague soit en mesure d’aboutir à un traité totalement finalisé ; les véritables progrès en ce sens n’ont pu commencer qu’avec l’arrivée du président Obama à la Maison Blanche et le renversement de tendance après des années d’obstruction de la part des Etats Unis. Aujourd’hui encore, le monde se trouve à la merci de la politique intérieure américaine, car le Président ne peut pas totalement s’engager dans l’action nécessaire tant que le Congrès américain ne l’a pas fait.

Mais les responsables politiques présents à Copenhague peuvent et doivent s’entendre sur les éléments essentiels d’un accord juste et efficace et, ce qui est d’une importance capitale, sur un calendrier solide devant aboutir à un traité. La réunion de l’ONU sur le climat à Bonn, en juin prochain, devrait être une date butoir. Comme l’a exprimé un négociateur : «Nous pouvons jouer les prolongations, mais nous ne pourrons pas nous permettre de rejouer le match.»

Au cœur des négociations, il faudra trouver un accord entre le monde riche et le monde en développement pour établir comment répartir le poids de la lutte contre le changement climatique, et comment partager une ressource devenue précieuse : les quelques milliards de tonnes de carbone que nous pouvons émettre avant que le mercure n’atteigne des niveaux dangereux.

Les nations riches aiment souligner la vérité arithmétique qu’il n’y a pas de solution tant que les géants en développement tels que la Chine ne prendront pas de mesures plus radicales. Mais le monde riche est responsable de la plupart du carbone accumulé dans l’atmosphère, à savoir les trois quarts de tout le dioxyde de carbone émis depuis 1850. C’est à lui de montrer l’exemple et chaque pays développé doit s’engager à de fortes réductions pour que ses émissions retombent en dix ans à un niveau très inférieur à ce qu’elles étaient en 1990.

Justice sociale. Les pays en développement peuvent faire remarquer qu’ils ne sont pas responsables de la majeure partie du problème et aussi que les régions les plus pauvres du monde seront les plus difficiles à sensibiliser. Mais ils vont participer de plus en plus au réchauffement et doivent de ce fait s’engager de leur côté à une action significative et quantifiable. Bien que les deux plus grands pollueurs du monde, les Etats-Unis et la Chine, n’aient pas répondu aux espoirs que certains avaient placés en eux, leurs récents engagements sur des objectifs concernant les émissions ont représenté des pas importants dans la bonne direction.

La justice sociale exige que le monde industrialisé racle ses fonds de poche et promette des liquidités pour aider les pays les plus pauvres à s’adapter au changement climatique et aux technologies propres qui leur permettront de développer leur économie sans augmenter leurs émissions. Il faut également définir l’architecture d’un futur traité, avec un contrôle multilatéral rigoureux, des compensations correctes pour protéger les forêts et une évaluation crédible des «émissions exportées», afin que le poids soit finalement réparti plus équitablement entre ceux qui produisent des produits polluants et ceux qui les consomment. Et l’honnêteté exige que la charge placée individuellement sur les pays développés prenne en compte leur capacité à la supporter ; par exemple, les derniers entrants dans l’Union européenne, souvent plus pauvres que les membres de la «vieille Europe», ne doivent pas souffrir davantage que leurs partenaires plus riches.

Espoirs. La transformation va coûter cher, mais beaucoup moins que la note à payer pour renflouer les finances mondiales. Et beaucoup moins encore que les conséquences du laisser-faire. Beaucoup d’entre nous, en particulier dans le monde développé, devront changer leur mode de vie. L’époque des vols pour l’aéroport moins chers qu’un trajet en taxi touche à sa fin. Nous devrons faire nos courses, manger et voyager plus intelligemment. Nous devrons payer davantage pour notre énergie et en utiliser moins.

Mais le passage à une société à faible émission de carbone porte en elle la perspective de plus d’espoirs que de sacrifices. Déjà, certains pays ont reconnu que cette transformation peut apporter la croissance, des emplois et une meilleure qualité de vie. L’afflux de capitaux parle de lui-même : l’année dernière, pour la première fois, il a été investi davantage dans les formes d’énergie renouvelable que dans la production d’électricité à partir des carburants fossiles. Chasser le carbone de nos modes de vie en quelques petites décennies sera, sur le plan de la technique et de l’innovation, comparable aux grandes révolutions de l’histoire. Mais, tandis que le fait d’envoyer un homme sur la Lune ou de fissurer l’atome résulte des conflits et des rivalités humaines, la future course au carbone doit être menée en un effort commun pour parvenir à un sauvetage collectif.

Vaincre le changement climatique passera par une victoire de l’optimisme sur le pessimisme, d’une vision de l’avenir sur une vue à court terme, ce qu’Abraham Lincoln appelait «les meilleurs anges de notre nature».

C’est dans cet esprit que 56 journaux du monde entier se rassemblent derrière cet éditorial. Si nous, avec nos optiques nationales et politiques si différentes, pouvons nous mettre d’accord sur ce qui doit être fait, nos dirigeants devraient pouvoir en faire autant.

Les représentants politiques à Copenhague ont le pouvoir de façonner le jugement de l’histoire sur notre génération : celle qui a vu le défi et l’a relevé, ou celle qui était si stupide qu’elle a vu la calamité qui s’annonçait mais n’a rien fait pour l’éviter. Nous les conjurons de faire le bon choix.


Tags : Sommet de Copenhague sur le Cl

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RFI, cela fait 110 jours déjà...

Ajouté le 11/11/2009


   

Il y a quelques jours, j’ai lu, écrit noir sur blanc dans une presse kinoise, un article suspect. Titré : « RDC-RFI : Revenir aux bons sentiments ». Signé : « Jean-Pierre Eale Ikabe, correspondant particulier ». Pleine page dans le journal  Africa News, n°393.

Pour ceux qui ne le savent pas « Africa News » est un journal très Muzito. Car  certaines langues, pas forcément méchantes, disent que le Premier Ministre en serait l’un des grands  bailleurs, sinon  en tous cas  l’un de ses grands bienfaiteurs.  Et pas seulement d’Africa News, mais de bien d’autres  médias de la chaîne…

 

 Pour ceux qui ne le savent pas non plus, le correspondant particulier qui signe cet article se présente comme un « expert et conseiller de l’audiovisuel » ayant traité pendant plusieurs années,  le dossier RFI dans divers cabinets des Ministres en charge des médias et de la presse.

 

En lisant cet article, j’ai été à la fois ému et horrifié. Emu par ce plaidoyer en faveur du retour du signal de ce « puissant médias qu’est RFI » réduit au silence  quasiment sur l’ensemble de la RDC depuis le 26 juillet 2009, c’est-à-dire depuis plus de 100 jours déjà.  Et on peut lire : «…Il en va de l’intérêt de tous et surtout, reconnaissons-le, des auditeurs congolais qui s’informent et se cultivent énormément grâce à ses émissions ». Horrifié par tant d’amalgames pour justifier la gêne d’un gouvernement  « démocratique » face à l’indépendance d’un média étranger, et l’acharnement  manifeste de certains politiques congolais contre un journaliste (on lira, une journaliste) qui dérange par son professionnalisme.

 

Ainsi, apprend-on que le conflit entre le gouvernement de Kinshasa et RFI, est tantôt une affaire de Convention non respectée et qui coûte au moins 15 000 dollars américains par mois, multipliés par une dizaines de sites d’émission cédés en location à la station française sur l’ensemble du territoire national ; tantôt qu’il s’agit, pour la journaliste Ghislaine Dupont, d’une affaire de  vengeance  à cause d’un « coupage » non payé. En d’autres termes  et pour ceux qui ne comprennent pas cette expression journalistique congolaise, la journaliste de RFI serait une aigrie et fâchée contre le pouvoir en place pour n’avoir pas été payée pour « services rendus »  au travers de ses reportages, à l’ancienne rébellion conduite par Laurent Désiré Kabila  dans sa marche sur Kinshasa ; tantôt que le gouvernement reproche à RFI de toujours exhumer et traiter des dossiers sensibles sur le pays, etc

Conclusion de l’auteur de l’article : « J’invite les deux parties à mettre de l’eau dans leur vin de manière à permettre une franche coopération entre le puissant média qu’est RFI et la RDC ».

 

Du coup, me vient aussi à l’esprit, le souvenir d’une rencontre  très restreinte sous forme de « déjeuner » à laquelle j’ai été conviée il y a quelques dix jours dans une résidence de diplomate français. Au menu, entre gorgées de vin et rôtis de viande, on discute surtout de la situation de RFI devant un plénipotentiaire  venus expressément de Paris pour « tenter de débloquer » la situation avec le Ministère de la Communication et des médias. Les « négociations » tirent en longueur depuis plus de 48 heures et aucun compromis n’est encore trouvé. Pourtant, le temps presse ;  et que la position  intransigeante de Kinshasa devient  de moins en moins tenable face aux pressions qui se multiplient, et à une image du pays déjà brouillée par  des sales dossiers des droits de l’homme.

 

Selon quelques indiscrétions, le gouvernement serait prêt à lever l’interdiction qui frappe la « radio mondiale », mais à deux conditions préalables.  La première, c’est que la direction de RFI accepte de confier à un autre journaliste que  Ghislaine Dupond, le traitement des questions concernant la RDC. La deuxième exigence puisée dans le Code pénal congolais, c’est que tous les envoyés spéciaux et représentants des médias étrangers doivent désormais s’engager, par écrit, à ne pas « s’attaquer » à l’armée ou à « ne pas démobiliser les  forces  engagées au front ».

 

Mais tout le monde a compris que ce qui est qualifié dans ce Code pénal de l’époque Mobutu de « haute trahison », n’est ni plus ni moins, en démocratie, que de la censure directe et une tentative désespérée du gouvernement de vouloir contrôler les médias étrangers, après avoir fait main basse sur la presse nationale.

 

La question reste de savoir s’il existe un seul média étranger sérieux prêt à se faire prendre à ce jeu. Ainsi, la balle reviendra invariablement dans le camps du pouvoir de Kinshasa obligée de trouver une voie de sortie devant ce qui apparaît comme un combat d’arrière garde.

 

Tshivis T.

 

 



Tags : medias politique RDC

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